Londres – Diplomatie : Et si la RDC rejoignait le Togo et la Gabon au Commonwealth ?

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Le Président Félix Tshisekedi a eu un entretien de 50 minutes avec le Roi Charles III, le mercredi 19 octobre au Palais de Buckingham, en marge de sa participation au « Africa Summit 2022 » à Londres. Si officiellement « Le Président Tshisekedi a demandé au Roi Charles III d’user de son influence au sein du Commonwealth et auprès du Rwanda en particulier pour faire cesser les actions de déstabilisation à l’Est de la RDC, il n’est pas exclu qu’il soit tenté de demander une adhésion officielle au Commonwealth.

Fédération de territoires anciennement colonisés par les Britanniques formés au XXe siècle, le Commonwealth est une organisation qui regroupe plus de 50 pays adhérant à une charte, et dont la constitution a de profondes racines historiques.

L’union des États membres repose sur l’adhésion à une charte qui a pour but d’affirmer des valeurs communes. Au-delà du lien historique avec les Britanniques, il est donc important pour pouvoir faire partie du Commonwealth de : reconnaître l’anglais comme langue du Commonwealth, reconnaître le roi Charles III comme chef, d’appliquer les droits de l’Homme, de valoriser la non-discrimination, de respecter la primauté du droit, d’appliquer la séparation des pouvoirs…

En l’absence de structure juridique, le Commonwealth est une organisation flexible qu’il est relativement facile de quitter et de réintégrer.

Deux pays d’Afrique francophones, le Gabon et le Togo, vont être intronisés dans le Commonwealth, le 24 juin prochain lors du 26e sommet de l’organisation en juin 2022 à Kigali, Rwanda. Cette adhésion, justifiée par une volonté de diversifier les coopérations internationales, a aussi une portée politique.

Bien que Libreville et Lomé ne quittent pas la Francophonie, « ils envoient cependant un message assez clair à Paris : la France ne brille plus autant qu’auparavant et ils veulent s’ouvrir au monde anglophone », estime le média journald’afrique.com

 L’analyste politique ivoirien, Sylvain Nguessan, explique à la BBC qu’il y existe « un mythe dans les pays francophones qui dit qu’il faut être un pays anglo-saxon pour pouvoir se développer ». « Aucune colonie francophone n’a pu se développer jusqu’à présent contrairement aux pays anglo-saxons qui ont pu un tant soit peu prendre leur envol », ajoute-t-il en citant l’exemple du Rwanda qui, après son basculement en 2009 dans le Commonwealth, a connu un développement économique fulgurant.

L’adhésion au Commonwealth du Togo et du Gabon est aussi un acte politique. Selon Sylvain Nguessan, certains pays « se disent que, s’ils basculaient dans le Commonwealth, ils pourraient jouir d’un minimum d’autonomie » par rapport à la Francophonie, perçu comme un modèle de domination à l’avantage de la France.

 En proie à plusieurs groupes armés déstabilisant l’Est de son pays, et face à une France incapable d’assurer sa protection, Félix Tshisekedi pourrait suivre l’exemple Togolais et Gabonais en adhérant au Commonwealth.

Cette adhésion aura plus un avantage diplomatique et politique, adhérer à un espace linguistique et politique pour bousculer son voisin envahisseur, le Rwanda qui semble tirer une protection et complaisance internationale en dépit des multiples assauts de son armée dans la partie Est de la RDC.   Cet échange de près d’une heure avec le roi Charles coïncide avec la tenue, mardi à Londres, du sommet « Investir en Afrique » du Financial Times, le 9ème du genre, rappelle-t-on. Il a rassemblé plus de 150 participants, avec une trentaine d’intervenants et un Chef d’Etat comme invité d’honneur et orateur principal.

49 ans après Mobutu, un Président Congolais est à nouveau reçu au Palais de Buckingham.

COCO Kabwika

 

 

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